Le Made in France comme outil de la relance pour la mode

L’industrie de la mode et du textile connait des difficultés en France depuis plusieurs années. En 10 ans, les ventes ont baissé de près de 15%. Malgré une très légère reprise en 2017 (+0,6%), les années suivantes ont connu un recul marqué par les grèves et les mouvements sociaux des gilets jaunes en 2019 puis les confinements en 2020. Cette évolution à la baisse du marché est issue d’une déconsommation de 42% des Français, déconsommation subie (60%) liée à la baisse du pouvoir d’achat des ménages ou déconsommation choisie (40%) liée à une évolution sociétale suite aux différents scandales médiatisés et plus particulièrement le drame du Rana Plaza en 2013.

Le confinement du printemps a accéléré cette prise de conscience générale : le besoin de sens dans ce que l’on fait ou dans nos achats, ainsi que la place de l’humain au cœur de nos activités. Face à ces transformations, les acteurs de la mode doivent trouver de nouvelles stratégies sur fond de RSE, d’éco-conception, de traçabilité afin de donner du sens aux achats des consommateurs. Ainsi le Made in France connait un regain d’intérêt tant dans la mode et le textile que pour les autres biens de consommation. La mondialisation a contribué à la délocalisation de nos industries occidentales au profit notamment de l’Asie.
La relocalisation ne sera pas possible pour l’ensemble des activités et une perte de savoir-faire et d’outils industriels restent un frein à cette réindustrialisation.

Malgré tout, certains acteurs s’emploient à produire localement. Ces circuits courts, hormis la réduction des émissions de CO2, permet également la création d’emplois pérennes. Des synergies entre les entreprises se sont développées à l’instar de la plateforme collaborative Savoir-Faire Ensemble mise en place en mars par le Comité Stratégique de filière (CSF) de la mode et du Luxe et coordonné par Guillaume Gibault, fondateur du Slip Français, pour produire des masques grand public et des blouses quand il en manquait tant. Cet épisode a démontré la capacité de la filière à se coordonner, à changer de paradigme, à être réactive et agile. Cela ouvre la voie à « une mode réinventée : locale, durable, innovante, ancrée dans nos territoires » (G. Gibault), soutenue par l’Etat français depuis janvier 2019 lors de la signature du Contrat stratégique de filière.

Cette fabrication française est intimement liée à la disponibilité de main d’œuvre qualifiée souvent indisponible. Pour y répondre certaines entreprises créent leurs propres écoles de formation comme c’est le cas pour 1083 ou Lacoste. Les besoins de la filière sont estimés à 10 000 postes techniques par an. La campagne nationale de communication Savoir pour Faire lancée fin 2019 contribue à promouvoir les métiers de la mode et du luxe comme des métiers d’avenir, à valoriser le savoir -faire français et à former la nouvelle génération. Une seconde campagne est prévue prochainement.

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Karine Seigneret