Créatrice d’entreprise dans la mode, Natacha Ruiz nous livre ses secrets de réussite

Natacha Ruiz est créatrice d’entreprise et co-auteur du Guide de la mode éco-responsable.
Diplômée de la formation Manager de l’offre produit Textile-Mode-Cuir, elle nous présente son parcours et ses aspirations au travers d’une interview.


Vous êtes diplômée du master Manager de l’offre produit Textile-Mode-Cuir de l’ISTA. Quelles études avez-vous faites avant d’intégrer cette formation ? Quel a été votre parcours à l’issue de ce Master ?

Avant d’intégrer l’ISTA, j’ai fait un BAC littéraire option théâtre et j’ai poursuivi par 2 années à l’IUT d’Illkirch obtenant un DUT information et communication.

Après l’ISTA, j’ai choisi d’intégrer un Master Fashion & Design proposé par l’organisme de langue EF à New York pendant 9 mois. Dans le cadre de ce séjour aux Etats-Unis, j’ai effectué un stage avec un collectif de marques de mode et lifestyle éco-responsables. Ce séjour qui a été un déclic pour moi et j’ai compris que je souhaitais m’investir dans le développement d’un mode de vie plus écoresponsable. A mon retour en France, j’ai décidé de m’installer à Paris pour travailler dans le domaine de la mode en tant que salariée. J’ai ainsi rejoint la Fédération Française du Prêt-à-Porter Féminin au sein de laquelle j’ai travaillé comme assistante au service international. Lors de mon séjour à NY, mon désir d’entreprendre s’est éveillé, et j’ai très vite senti que le salariat ne me correspondait pas. Ainsi, j’ai commencé à développer ma première entreprise parallèlement à mon activité salariée pendant près d’un an.

De 2012 à 2014, j’ai travaillé sur le développement de N&C STORIES une plateforme de promotion et de vente de marques de mode et lifestyle écoresponsables. Malheureusement, mon association n’a pas fonctionné à cette époque-là, nous avons donc fermé la société. Par la suite, je me suis investie dans deux autres projets successifs dont la vision était portée par d’autres entrepreneurs. Le premier projet était une série TV dans laquelle je suis intervenue en tant que relations partenaires, puis le second, je me suis associée dans la première société d’exploitation de salles de Cinéma numérique en RDC à Kinshasa.

Finalement fin 2017, je décide de relancer mon activité, seule cette fois, et Poesia Consulting voit le jour, une agence de conseils et relations publiques. De fil en aiguille en testant des projets, Poesia Consulting se transforme en un pôle de l’écosystème Poesia, dédié à la créativité engagée.

Quels enseignements vous ont particulièrement intéressés et servis dans votre vie professionnelle ?

La formation à l’ISTA m’a apporté de la rigueur, de la discipline, une grande capacité de travail. J’ai apprécié la formation dans son ensemble, car elle m’a apporté une vision à 360° de l’univers du textile et de la mode que j’ai ensuite complété aux Etats-Unis.

Elle m’a apporté les bases pour la réflexion stratégique, pour comprendre la fabrication d’un vêtement, la capacité à mener des projets de A à Z tout en coordonnant une équipe.

De monter un projet de création d’entreprise virtuelle.

Vous venez de co-écrire et publier au printemps dernier le Guide de la mode éco-responsable. Pourquoi avoir choisi ce support de diffusion et pourquoi cette thématique ?

Ce projet de Guide est né de mes retrouvailles avec Alice Lehoux avec qui j’ai étudié à l’ISTA.

Nous avons chacune évolué de notre côté dans l’univers de la mode et du textile. Alice était au Vietnam, elle avait découvert les coulisses de l’industrie, la production.

De mon côté, j’étais du côté du grand public et des marques. Je souhaitais créer un pont faire connaître les nouvelles alternatives pour encourager le grand public à transformer sa manière de consommer en respectant davantage l’humain et l’environnement.

Alice a évoqué l’idée de créer un flyer de 4 pages inspiré d’un flyer dédié à l’alimentation. Dans son entourage, on lui posait beaucoup de questions sur comment mieux consommer la mode. J’ai été emballée par l’idée de créer un support qui serait utilisé au quotidien par les lecteurs. Cela faisait depuis 2011 que j’étais engagée dans le développement d’une mode plus écoresponsable et que je souhaitais contribuer à sensibiliser mon entourage et le grand public.

Finalement le 4 pages s’est transformé en 10 pages, puis 50 pages que nous avons soumis à des maisons d’édition. C’est finalement Mango Editions qui nous a donné l’opportunité de donner vie à cet ouvrage de 160 pages.

Que trouve-t-on dans cet ouvrage et a qui s’adresse-t-il ?

Le Guide a pour vocation d’apporter une vision à 360° de l’industrie de la mode et du textile pour apporter une prise de conscience sur la complexité de cette industrie, tout en donnant les clés et les conseils pour devenir consom’acteur.

Vous trouverez une explication des impacts de cette industrie, des clés pour reconnaître un vêtement de qualité, des conseils pratiques pour constituer une garde-robe à son image écoresponsable et pour la faire durer. Et en parallèle, nous avons invité des experts de l’industrie à apporter des témoignages pour présenter les pionniers de la mode écoresponsable, des initiatives qui se développent actuellement pour transformer l’industrie.

Pour en savoir plus : Guide de la mode éco-responsable

Vous avez créé votre société Poesia consulting. En quoi votre formation à l’ISTA vous a préparé à la création d’entreprise ?

Aujourd’hui, je développe Poesia, un écosystème dédié à la créativité engagée sous toutes ses coutures pour poétiser le monde : Poesia Vision

L’ISTA m’a permis d’avoir les bases pour structurer un business plan, déterminer les aspects clés à intégrer dans le développement d’une activité.
J’ai utilisé tous les outils vus à l’ISTA lors de la création de ma première entreprise N&C STORIES.
Pour Poesia, j’ai décidé de faire les choses autrement. Je suis la méthode Lean Start up pour développer mon activité. Je n’ai pas fait de Business Plan au démarrage, ni d’étude de marché. J’ai d’abord analysé quelles sont mes forces, ce que j’aime faire pour créer une entreprise à mon image. Maintenant que je suis plus au clair sur ces aspects-là, que j’ai testé pas mal de choses, je commence à structurer ma société pour construire un business plan au plus près de la réalité du terrain et à construire mon positionnement unique, innovant et engagé.

Au fur et à mesure du développement de mon activité, j’ai l’occasion de réutiliser les éléments vus à l’ISTA et de les compléter grâce à mes expériences terrain.

Quels conseils pourriez-vous donner à des jeunes qui hésitent à s’orienter vers ce domaine d’activité ?

L’entrepreneuriat c’est de l’expérimentation. Pour savoir si c’est fait pour nous, il est important de tester son idée à petite échelle, de définir ce qu’on aime faire, quelle personne on a envie de servir et quel(s) problème(s) on veut résoudre afin de voir si on prend du plaisir à le faire avant de s’embarquer dans la réalisation d’un business plan, d’une création de société et d’une levée de fond.

J’ai d’ailleurs mis sur pied un programme « Jeune Pousse » dédié aux néo-entrepreneur.e.s créatif.ves et engagé.es qui souhaitent développer une entreprise unique, innovante et engagée pour la rendre pérenne. Je me positionne avec ce programme en amont d’un incubateur.

J’ai créé le programme que j’aurai aimé avoir quand je me suis lancée dans l’entrepreneuriat. Et surtout, je l’ai co-créé avec mes premières clientes et je l’ajuste au fur et à mesure pour qu’il soit au plus près des besoins que rencontrent les entrepreneurs que j’accompagne.

La meilleure façon de se lancer c’est d’être accompagné, d’investir en soi pour commencer. Je l’ai fait tardivement, après 7 ans d’entrepreneuriat. Personne ne m’avait jamais conseillé de le faire.

Auparavant, j’ai donc investi dans le capital d’entreprises et j’ai tout perdu ou rien gagné financièrement. Cette fois j’ai pris le pas de faire autrement et j’ai pu voir des résultats concluants très rapidement.

Ce dont je n’avais pas conscience non plus à l’époque, c’est qu’on peut avoir de nombreux blocages qui peuvent nous empêcher de réussir le développement de son projet. J’ai découvert tout cela au fur et à mesure. Et j’ai vu l’importance du travail sur la transformation de mon mindset (état d’esprit).

50% des entreprises disparaissent au bout de 2 à 5 ans. Ce nombre diminue quand les personnes se font accompagnés à 30%.

Et j’ajouterai qu’au-delà de créer une entreprise en lien avec une opportunité de marché, il est important de créer une activité alignée avec qui nous sommes profondément.

Si vous hésitez à entreprendre, faites-vous encadrer, accompagner, pour ne pas être seul.e, pour avoir un mentor, un coach, des outils pour vous guider sur le chemin. Vous gagnerez du temps et de l’argent, car vous aurez investi en vous, et c’est le plus bel investissement que peut faire un.e entrepreneur.e.

Voici une Masterclass qui apporte des clés aux entrepreneur.e.s créatif.ves qui souhaitent développer une entreprise unique, innovante et engagée pour la rendre pérenne :


Comme Natacha Ruiz vous souhaitez créer ou reprendre une entreprise ou évoluer dans le domaine de la mode, du textile, du cuir ou de la maroquinerie, la formation Manager de l’Offre produit Textile-Mode-Cuir est faite pour vous. Contactez-moi pour un RDV : kseigneret@albertdemun.net

La mode éco-responsable vous intéresse et vous souhaitez devenir consom’acteur ? Suivez les Talk-shows de Natacha. Elle interviewe en direct différents acteurs de la mode éco-responsable sur le groupe Facebook Guide de la mode éco-responsable

Pour voir les anciens épisodes, rendez-vous sur sa chaine Youtube Poesia Channel

Karine Seigneret