Nicolas, mes camarades et moi avons mené un sondage sur la thématique de la paix auprès des classes de BTS et seconde afin de collecter et d’analyser différents points de vues en fonction des âges. La paix étant une notion large dont la définition ne peut se réduire par l’absence de guerre ou de conflits, elle concerne également la liberté, la tolérance, la solidarité, et la dignité. Ce sondage a permis d’avoir un spectre de réponses propres à la sensibilité de chacun. Nous voulions recueillir l’avis des adolescents et jeunes adultes car ce sont eux qui feront le monde de demain et auront la paix entre leurs mains.

A quoi la paix vous fait-elle penser ?
Les premiers mots qui ont spontanément traversé l’esprit des étudiants, ont été l’amour de son prochain et sa patrie. Pour eux, la paix est un monde sans aucune guerre ni conflits ; un monde utopique qui n’existe que dans les espoirs et les rêves.
Les étudiants ont, pour la plupart, répondu par d’autres questions pour élargir le débat : est-ce que la paix est réellement voulue dans le monde ? Est-ce que la guerre est une affaire rentable pour les pays ? La guerre est-t-elle possible en France ? Dans le Monde ?
Quant aux élèves de seconde, la paix n’existe pas, ou du moins plus, avec les attentats terroristes.
Les deux classes ont conclu en parlant de la paix sociale, celle qui se construit au quotidien avec les proches et connaissances. Ils ont également exprimé l’idée que le respect de la nature peut apporter le bien-être et donc la paix.

Est-ce que la paix est un sujet qui vous intéresse ?
Actuellement la paix est un sujet qui préoccupe peu les lycéens et étudiants. Ils sont, tout d’abord, soucieux de leur avenir et leur sécurité ; la paix leur semblant très utopique.
Les élèves de seconde se considèrent encore un peu jeunes pour se sentir directement concernés.

Est-ce que vous vous sentez en sécurité ?
Concernant cette question, les BTS ont répondu non, à l’unisson. Pour eux le plan Vigipirate, mis en place en 2014, a été mis à mal (notamment avec l’exemple du 14 juillet 2016 à Nice). Pour l’ensemble, ils ne comprennent pas les raisons pour lesquelles, en dépit de la surveillance et des fouilles dans les lieux publics (à l’entrée d’un concert, par exemple), les risques d’attentats restent non négligeables, notamment dans le métro avec les colis suspects.
De plus, le mot radicalisation est revenu à plusieurs reprises. Les classes interrogées pensent que tous les attentats terroristes qui ont frappé la France et le monde, sont dus à des décisions géopolitiques dont les conséquences leur «retombent aujourd’hui dessus ».
Les élèves de seconde font également part de leur sentiment d’insécurité et sont inquiets de la montée du communautarisme et du racisme. Quelques-uns ont ciblé une ou plusieurs populations qui seraient responsables de la situation actuelle de la France.

Que pensez-vous des réfugiés ?
Les étudiants en BTS ont tout d’abord réagi en parlant d’empathie pour ces hommes, femmes et enfants qui vivent dans des situations difficiles car contraints de fuir leurs pays. Certains élèves comprennent totalement le fait de devoir aider son prochain en difficulté et sont même actifs à travers leurs dons aux associations. Quelques-uns comprennent que les enfants et les femmes quittent leur pays mais ne comprennent pas pourquoi les hommes n’ont pas un esprit plus patriotique en s’engageant dans la guerre.
Néanmoins, certaines questions en lien direct avec les réfugiés, sont apparues : la France a-t-elle les moyens d’accueillir autant de personnes et de les aider toutes, sachant que certains Français vivent dans une extrême précarité ? Est-ce que tous les réfugiés sont des réfugiés politiques ?
Un grand nombre d’élèves de seconde, sensibilisés par la problématique des réfugiés, pensent qu’aider des Français serait une tâche prioritaire. Ils pensent qu’il est impossible d’aider toutes les personnes dans le besoin.

A votre avis que faut-il faire pour avoir la paix dans le monde ?
Les étudiants pensent que pour avoir la paix dans le monde, il faudrait agir intelligemment, en essayant de comprendre le problème avant de se précipiter pour le résoudre. Ils estiment qu’il faudrait une démarche plus empathique et collective.
Les deux classes sont unanimes et ne comprennent pas comment se fait-il qu’en France, certaines personnes arrivent à vendre des armes de façon illégale.
Pour eux, l’armement est le point de départ des conflits qui entrainent la guerre.

Seriez-vous prêt à vous engager dans la guerre ?
Cette question a suscité un grand débat chez les étudiants, 30% répondent positivement sans aucune hésitation, d’autres sont très catégoriques et ne veulent nullement s’engager dans la guerre. Les étudiants prêts à donner leur vie à leur patrie, estiment que c’est un devoir citoyen.
Les autres se sont demandé pourquoi ils devraient aller jusqu’à se battre, s’il n’existait pas d’autres moyens de lutte que celui la guerre.

Etes-vous engagé pour la paix dans le monde ?
Certains étudiants de BTS ont déjà fait des dons aux associations mais estiment que cet acte, bien que nécessaire, ne résoudrait le problème de la guerre. Malgré les dons, ils ne constatent aucune évolution. Les élèves de seconde pensent que la paix ne fait pas forcément le bonheur de tous. L’idée d’utopie a, une fois encore, émergé.

Grâce à ce micro-trottoir, nous pouvons constater que les étudiants se sentent plus concernés par la thématique de la paix. C’est une question d’âge et d’expérience de vie. Néanmoins, il est urgent de sensibiliser les jeunes sur cette thématique, c’est une action d’humanité. Chacun, peu importe son sexe, son âge, ses origines ou son milieu social, peut apporter sa pierre à l’édifice. Des petites actions simples comme aider une personne âgée à traverser la rue, aider un camarade en difficultés, être à l’écoute de son prochain… Et c’est peut-être cela la vraie définition de la paix, des actions simples qui font de nous des humains.

Juliette Comte
Nicolas Coulomb

BAC STMG